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Avant j'me torturais pas autant, je rêvais d'aller très haut, très vite et trèèèèèès longtemps, mais bon à cette époque je faisais plutôt de très courtes envolées, j'dépassais pas souvent le toit des immeubles et en général j'me cassais un peu là gueule, ou celui qui m'accompagnait, mais jamais rien de bien méchant. Puis un jour j'ai trouvé un copilote plutôt sympa qui ne demandais qu'à voler avec moi, et après l'avoir fait poiroter dans la file d'attente un moment, j'ai décidé de faire un vol d'essai, qui s'est rapidement transformé en vol long courrier.
On est monté ensemble jusqu'au-dessus des nuages et après une euphorie, liée à l'altitude sûrement, la découverte des continents étant faite, une routine s'est installée, on passait toujours au-dessus des mêmes endroits, le continent "lycée", "l'île chez lui" un peu trop fréquentée pas la population "les potes" à mon goût, mais moi tant que je restais dans ma bulle au-dessus de mon nuage, je ne me plaignais pas trop, même si j'avoue que j'avais un peu oublié de réserver des places pour que mes amis monte avec moi, ma place dans le cockpit me ravissait. Et puis un jour j'ai appris que mon copilote pensait fortement à changer de compagnie et qu'il préférait que je ne le suive pas, alors la bulle a éclaté et je suis tombée de l'avion sans parachute. Même si heureusement pour moi, Toi, tu étais là pour adoucir ma chute, elle fût quand même longue et l'atterrissage très douloureux.
Mais après avoir réussit à à peu près me relever, l'envie de reprendre les airs s'est vite fait sentir, sauf que mon c½ur encore un peu lourd avait tendance à me ramener au sol un peu trop vite, en écrasant plus ou moins les quelques malheureux qui s'étaient risqués à me suivre. J'ai donc pris la décision de ne plus faire de hauts vols mais plutôt du parapente, c'est pas très risqué, on voit du paysage, et puis on ne va pas assez haut pour avoir peur du vide. C'est super bien le parapente, je conseille ça à tout le monde, surtout en changeant d'endroit à chaque fois, mais pensez à ne pas en faire trop près de chez vous, certains spectateur sont médisants du fait de changer de moniteur à chaque vol, le genre de personne qui se contente de monter sur un télésiège et de ne plus le quitter. Bref, je recommande tout de même le parapente. Enfin pas pour toute la vie, parce qu'arrive un moment où, on a beau changer de partenaire de vol, le paysage ressemble beaucoup à ceux déjà vus, et puis les sensations ne sont pas non plus extrêmes à cette altitude, et même avec certains moniteurs qui sont très doués, il arrive que leurs têtes pastèques et leurs chevilles enflées tendent à nous inciter à rester au sol.
Le parapente ne m'intéresse plus. Je suis blasée, j'ai envie de hauteur, de planer un peu plus, un peu plus longtemps, d'aller plus loin, voir d'autres continents... Mais soit mon vertige me tétanise, soit le copilote présumé ne m'inspire pas confiance et après 2 3 décollages je décide de rentrer au bercail. Enervée de ne pas trouver celui que je cherche, je reprends de temps à autre le parapente, avec mes fameux moniteurs préférés, toujours aussi prétentieux et imbus d'eux-mêmes.
Alors pour l'instant tout ce que j'ai c'est que quand je suis en l'air sous ma petite toile en triangle, je peux rêver que je suis tout là haut dans un jet privé à 10 000 km au-dessus d'ici avec un homme qui planerait autant que moi.
- Moi -
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