Un sourire, rien qu'un sourire me tourne la tête, doucement, subtilement, je suis ce sourire comme les enfant le joueur de flûte, je le suis jusqu'à ce que seule sa présence m'envoûte.
Comme une gosse je redeviens naïve, je crois tout, sans question, sans doute, c'est évident, c'est clair dans mon esprit, pour moi l'idéal est là, il existe, il est réel...
C'est trop parfait et ça ne me choque pas, ça ne m'interpelle pas, je me noie toute seule dans ce rêve trop beau. J'accepte au fur et à mesure de me plonger dans ce nouveau monde de bonheur, pourquoi ? Où sont mes craintes, au moins 2 mois que je les ais égarées. Où est ma retenue, celle qui me permet d'observer avant d'avancer la tête dans ce nuage !
Je ne vois plus le sol, je sais même pas s'il existe encore, j'ai des ½illère en forme de papillons, ce flou artistique qui me cache des détails, mais qu'importe, je suis absorbée par un sourire et je ne vois plus rien autour...
Et si les détails étaient plus qu'un simple défaut, si ce sourire charmeur cachait des mensonges, si le nuage se dissipe, je vais voir quoi ?
Que le sol n'est plus là, que rien n'est réel, que tout ça n'existe pas, que ce rêve n'est plus qu'un cauchemar.
J'angoisse, je doute, je me pose des questions, trop de questions, j'ai déjà vécu ça, j'ai déjà souffert de ce symptôme, je suis paranoïaque, je ne devais plus être comme ça, j'avais changé, j'étais plus sereine, foutue nature, je me pourrie toute seule.
Mais si j'avais raison, si cette peur était justifiée, je ne veux pas y croire, le sourire est tellement parfait, tellement beau, il ne peut pas être aussi fourbe...
Et pourtant ces détails sont étranges, ils appellent à une logique qui ne me plaît pas, à une trahison.
Ce que je vis et ce que vois ne se corresponde plus, il y des discordances entre ce sourire qui paraît si sincère et ces détails qui le déforment.
- Moi -